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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 14:33

 

Sur le chevalet, un tableau me nargue depuis trois mois.

 

Inachevé.

 

Il m'empêche de passer au suivant ou me sert d'excuse pour ne pas.

 

Lorsque je le regarde, l'impuissance me gagne. Il ne manque pas grand chose, pourtant...

A force de l'observer, j'ai compris.

C'est un tableau lisse, trop lisse, une eau dormante.

Je suis prise au sortilège. Nul Prince n'a posé un baiser.

 

L'herbe est verte, les briques roses, le ciel bleu.

Des personnages s'y promènent, s'y reposent.

La Garonne ne reflète rien encore : il reste à imprimer ses rides, l'arche inversée du pont.

 

                      Travaux-4522.JPG                               Travaux-4520.jpg

 

La semaine dernière, j'ai compris ce qui me chagrinait.

Il n'y a pas de mouvement. Cette scène est une rêverie, une jolie, paisible rêverie et j'en étais prisonnière.

 

J'ai tourné le tableau.

L'oublier !

 

C'est arrivé d'un coup !

Une irrépressible envie de galop m'a traversée.

La délivrance !

 

J'ai pris une grande feuille de papier, tracé un carré et, occupant tout l'espace, dessiné un taureau en pleine course.

Avec le taureau, l'envie de peindre est là, jubilatoire.

 

Travaux-4515.jpg                            Travaux-4516.jpg

 

Ce tableau avance à grands traits. Il me tarde de le voir sur la toile !

 

- "Tu devrais rajouter des personnages, il n'y en a pas assez", m'a dit un ami récemment, qui regardait la toile des bords de Garonne, abandonnée.

- "Une barque, aussi... ton tableau est trop vide.

- Tu crois ?"

J'observe, dubitative...

 

A la réflexion, je vais l'écouter.

 



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17 juin 2014 2 17 /06 /juin /2014 09:46

 

triptyque-de-la-lumiere---detail-tableau-gauche--29x100-_.jpg

Triptyque de la lumière (panneau gauche - détail)

 

 

 

Il y a des moments où tout échappe.

Rien ne va tout à fait, sans raison autre qu'une accumulation, un trop plein, un ras-le-bol.

On se sent flou, essouflé, décalé, à la traîne, impuissant.

 

"Et le temps m'engloutit minute par minute,

Comme la neige immense un corps pris de roideur"

(Baudelaire - Le goût du néant)

 

Encombré dans les décombres.

Esclave du temps.

 

Les tableaux restent prisonniers, encagés dans la mémoire, perdus parfois.

 

La vie, les vies, empêchent.

 

On rêve d'une cellule monacale.

Un atelier à soi.

Se retirer pour se retrouver.

Luxe inouï.

 

 

 

                           Triptyque de la lumière : panneau droit

                           Triptyque de la lumière (panneau droit)

 

 

 

 

 

 

 

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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 18:26

 

 

 

 

Quand l’ombre s’allonge

Il est des trois fois rien qui me rendent à la lumière

et le coeur, joyeux, bat plus vite…

 


 

Observer l’aube et ses ciels changeants

 

 

 

photo-2.jpg

 

 

 

Plonger le nez dans la boite à café

Et respirer 

en fermant les paupières

 

 

 

 

 

Me rappeler une bougie en sucre filé

 

 

                                                  photo-3.jpg

 

 

 

 

 

 

Me dessiner une bouche rouge baiser, au pinceau

 

 

                                                                                                   photo-4

 

 

 

 


 

A mon corps défendant

Etre bouleversée par une chanson

Entendue à l'instant où j'écris, à la radio

 

 

« On ne renonce pas

On essaie de regarder droit dans le soleil…

 

On ne se console pas… »

 

 

 

Echanger des sourires avec de parfaits inconnus

Dire bonjour sur mon chemin vers la BM

Me raconter un épisode imaginaire de la vie imaginée de Monsieur Xavier selon ce que j’observe en longeant son chez lui

 

 

 

« Le tranchant de l’œil en éveil

Pour regarder droit dans le soleil… »

 

Murmurer silencieusement dans ma tête l’air du violoncelle

A cœur acceptant

 


 

 

Arpenter les pavés gris de la rue Alsace en faisant claquer les talons hauts

Tac tac tac tac tac tac

 

Staccato parfait

 


 

Délivrer le moineau prisonnier du filet

Croquer dans la feuille de roquette, en savourer le piquant

Sucer ses doigts dégoulinants de jus de framboise

 

Inventer des mots… myrope

 

 

Revenir, par la magie des mots encore,  à un souvenir de très petite enfance

 

Cet instant d’éclats de rire et de bousculade, quand, d’un bout du lit à l’autre,  ma sœur Domi et moi, nous croisions en scandant « pompon-minette » !

 


 

 

 

 

 

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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 18:57

 

 

NOU_0003_4_2.JPG

Le square Marius Pinel (détail)

 

 

J'ai peint la place Marius Pinel. En retour, Marius parle de moi dans le lien ci-joint. 

 

Lorsque l'on demandait à Max Jacob : "Qu'est-ce que la bonne peinture ?", il répondait : "C'est celle qui me donne du bonheur".

 

Merci Marius.

 

 


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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 15:59

 

 

Chère Nicole,

Cher Domi,


A midi, en prémice au repas dominical (souris d'agneau confite et écrasée de pommes de terre), j'ai confectionné la délicieuse salade préparée à Neyral, le week-end passé, et monté une mayonnaise en suivant fidèlement la démonstration.

La salade était réussie, la mayonnaise moins, la faute sans doute, à la moutarde trop fade.


 

                         Divers-8779.jpg

 

 


Tout cela pour dire que nous ne vous avons pas suffisamment remerciés pour la merveilleuse parenthèse que furent ces deux journées à la campagne, nonchalamment occupées à savourer, entre amis,  de succulentes nourritures, accompagnées des vins qui convenaient, à converser, à échanger des nouvelles et des fous rires, à ne jamais terminer la partie de billard, à regarder Toulouse perdre face à Leicester, à marcher d'un bon pas, bien couverts, autour de la propriété, à écouter de la musique.

 


 

                Divers-8782.jpgDivers-8783.jpg

              Divers 8785Divers 8789                                                                                                                                              

 


Le marché de Revel était un régal des sens, la ballade digestive dans la neige fraîchement tombée, une splendeur pour les yeux !

 

            Divers-8788.JPG


Dommage que l'averse n'ait pas permis de profiter davantage du cours de potager en jachère hivernale, mais la carte postale de Neyral immaculé était un ravissement.

 

Divers-8790.jpg

                                             Divers-8791.jpg

 

 

Là-bas, chez vous, est un coin de paradis et vous en êtes les hôtes aimables et bienveillants.

 

En retour, je vous dédie cette chanson de Nat King Cole, qui, bien mieux que les mots, dans son élégante simplicité, traduit l'émotion imprimée par votre chaleureuse hospitalité.

 

"Although I'm rich or poor,

I still feel sure

I'm welcome as the flowers in May.

 

 

It's just a little street

Where old friends meet,

And treat you in the same old way."

 

Divers 8786

 

 

                                                                             

 

PS : Nous n'avons pas touché encore aux Nonnettes, mais avons fait un sort à la charcuterie de la Montagne Noire, au fromage de la charmante crémière et aux oranges de la voisine.

Pour ce qui est d'étrenner le couteau à désherber, ou semer les fèves, j'attends des jours meilleurs...


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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 10:16

 

 

Alors ces voeux ?


Chaque année, je balance entre fuir la tradition ou me plier à l'incantation...

 

Je reconnais que chaque message reçu est un petit plaisir ou bonheur, comme vous voudrez.

Certains sont très beaux et étonnants, et vous aimeriez en avoir eu l'idée. Brillants ou banals dans leur formulation, ils témoignent tous d'une pensée échangée vers l'autre. 

Mon coeur d'artichaut aime bien cette politesse gentille et surannée. 

 


 

   De l'autre côté

    De l'autre côté 

 

 

Me voilà devant mon étagère de poésie.

Je prends un livre au hasard... Boris Vian.

Je m'arrête au mot arête.

Soit. 

Un peu de poésie, juste pour le plaisir.

 

Je veux une vie en forme d'arête

Sur une assiette bleue

Je veux une vie en forme de chose

Au fond d'un machin tout seul

Je veux une vie en forme de sable dans les mains

En forme de pain vert ou de cruche

En forme de savate molle

En forme de faridondaine

De ramoneur ou de lilas

De terre pleine de cailloux

De coiffeur sauvage ou d'édredon fou

Je veux une vie en forme de toi

Et je l'ai, mais ça ne suffit pas encore

Je ne suis jamais content.

 


Je souhaite à chacun de vous de réaliser ou réussir ce qui vous tient à coeur, quels que soient vos rêves.

 

 


 




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25 décembre 2012 2 25 /12 /décembre /2012 20:14

 

        Trail de Noël

 

 

Course dans la garrigue jusqu'au moulin de Félines et retour,

de dolmens en capitelles, au hasard des chemins éclaboussés de rosée et de soleil.  

 

 

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                                     2011-07-0453.jpg

 

 

Du haut des crêtes, la vue balaie

les strates impeccables qui

s'échelonnent au loin.

 

D'abord, les brumes bleues, mystérieuses, légères et impénétrables dissimulent la plaine.

 

Juste au-dessus, l'Alaric noir,

fend l'espace d'un biseau coupant

et, très loin, mais si proches,

les Pyrénées crémeuses et acérées semblent surgies du conte de la Reine des Neiges.

 

 

Ah, l'extase enfantine à la vue de cette dentelle aux arrêtes rose meringue !

L'air est si pur, si calme, qu'on imagine pouvoir la saisir au creux des doigts. 

 

 

2011-07 0450

 

 

Sous les pieds, chaque cailloux recèle un trésor. 

Les silex blancs alternent avec les marbres roses, les nacrés, les veinés 

d'émeraude, les micas éblouissants et parfois un galet noir ou

ocre translucide semblable à une pierre semi précieuse. 

 

                                          2011-07-0455.JPG

 

Les fossiles affleurent par centaines... On les retourne délicatement avec une pointe d'émotion mêlée d'excitation. 

 

                                     La mousse est d'un vert qui laisse incrédule et jaloux.

 

 

2011-07-0451.jpg   2011-07 0449

 

 

 

 

 

                                   Des papillons jaunes pâle dessinent de délicats rayons dans la lumière. 

 

 

2011-07-0457.jpg 2011-07-0452.jpg

 

 

                                                            Demain, c'est Noël !

 

 


 

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 18:00

 

Mercredi 5 décembre 2012 à 20h30

Salle de l'âge d'or, à côté de la mairie - Saint Jean (31240)

 


L'art n'est pas un jeu sans doute, mais il y a beaucoup de jeu, et de jeux, dans l'art, ou dans les arts, ce qui fait aussitôt lézard, dont la queue reste aux doigts dès qu'on veut attraper la bête...

Je voudrais introduire à quelques réflexions sur ce couple étrange, durable, instable et stable, que composent art et jeu. Ce ne sera pas cours d'histoire, mais petite méditation à partir de l'exposition de Catherine Dhomps et de Pédro, ainsi que des tableaux d'un de leurs amis, Philippe Vercelotti, qui est expert en jeux de lettres et de perspectives.

Perec, Jarry, Georges de La Tour ou Bach ne seront pas oubliés. Nous jouerons sur tous les tableaux, en tout sens, pour le plaisir des mots, à l'aventure des questions.


Yves Le Pestipon  

Chercheur d'or, poète d'action, professeur de chaire supérieure, académicien mortel, spécialiste de ce qu'il ne sait pas.


                           image002           

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 14:21

 

Des échéances se bousculent ces dernières semaines...

Une expo tout bientôt, une autre à venir en suivant.


L'actualité se glisse dans les histoires ou les histoires anticipent l'actualité.

 

 

 

NOU 0031-copie-1

 

                             NOU 0018 


L'Art est dans les histoires, les histoires naissent à Toulouse, petit bout d'univers enfanté par le prisme coloré de l'imagination qui sourit pour ne pas se morfondre.

 

                           NOU 0002 2 

                                        Le square Marius Pinel - (détail : La marinière Amor Lux)

 


Me voilà habitée par un sentiment d'urgence excitant, angoissant qui me fait courir quand il faudrait poursuivre tranquillement.


                              Le jardin disparu

                                             Le jardin disparu

 


Contre le temps, c'est encore et toujours la lutte, faite de jubilation, de fébrilité, d'impuissance, de manque, source de création.

Aller à l'essentiel, se libérer des entraves.

Oh l'égoïste !

 

 


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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 18:40

 

                                                 Pique théâtre

 

Cher Marius,

 

Je ne reviendrai pas sur les raisons qui te font apprécier, aimer et défendre la corrida. (cf. Corrida au Conseil Constitutionnel)

Chacun a les siennes et tant mieux car la multitude de raisons agrémente la curiosité aux autres et au monde.

 

 

Contrairement à toi avec le coup de massue de Maïté, le coup de mur infligé par ma bonne-maman au lapin ou le coup du lapin sur ses bestioles à plumes ne m’a pas traumatisée, ni non plus la mise à mort du cochon dans la remise. Demeure cependant l’immense nostalgie du goût unique des salaisons préparées avec amour et mises à sécher au grenier…

 

 

Je ne nie pas non plus qu’il y ait un certain nombre de mauvaises raisons de défendre ce choc au coeur de l'arène, l'affrontement entre l’homme et le taureau, et tout autant de vouloir l’interdire.

 

Pique théâtre

 

Mais je ne vois pas en quoi l’aficion serait antinomique de « raison » ou pourquoi la raison d’Actias et des anti-taurins serait plus convaincante que la tienne, Marius, ou la mienne.

Ainsi, sa raison imagine t-elle que les arguments des aficionados auraient pour "but" de « compliquer » des principes simples ?

 

Un principe simple, justement, est que rien n’est simple ici-bas.

Rien n’est blanc ou noir, même s’il est parfois plus confortable de le croire.

La vie est riche de nuances à l’infini et la raison se doit de faire avec à moins de basculer dans le manichéisme ou le totalitarisme.

 

Evidemment, comment être convaincu par des arguments forcément « stupides », au mieux « déstabilisants » (moins stupides) et donc à bannir puisqu’ils ne sont pas conformes ? Je ne sais auprès de quels prétendus taurins fut établie cette litanie de 19 arguments mais à la feuilleter, je ne me retrouve nulle part.

 

 

Au-delà du thème tauromachique qui fera l’objet de l’examen du Conseil Constitutionnel, me chagrine cette tendance exécrable à vouloir rayer d’un trait d’intolérance tout ce qui dérange.

L'opprobre fleurit car le réel effraie.

Plutôt que de l'affronter, on l'escamote.

 

 

Interdiction et censure s’érigent en règle. Les fatwas en tous genres pullulent et avec elles, la haine imbécile.

 

 

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