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31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 11:01

 

 


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      Le bal (détail)

 

Bien que l'esprit du temps soit aux courbes descendantes, aux rebonds mous, à la désillusion, aux inégalités croissantes, à l'éclosion des fous assassins, à l'enfumage et aux discours lénifiants, béats ou verbeusement combatifs, je vais tenter de trouver les mots contraires des vents mauvais.

 

J'ai habitude d'ouvrir au hasard un livre de poésie. En ce jour, l'oracle est René Char :


..."Tout en nous ne devrait être qu'une fête joyeuse quand

quelque chose que nous n'avons pas prévu, que nous

n'éclairons pas, qui va parler à notre coeur, par ses seuls

moyens, s'accomplit.

 

Continuons à jeter nos coups de sonde, à parler à voix égale,

par mots groupés, nous finirons par faire taire tous ces

chiens, par obtenir qu'ils se confondent avec l'herbage,

nous surveillant d'un oeil fumeux, tandis que le vent effacera

leur dos.

 

L'éclair me dure.

 

Il n'y a que mon semblable, la compagne ou le compagnon,

qui puisse m'éveiller de ma torpeur, déclencher la poésie,

me lancer contre les limites du vieux désert afin que j'en

triomphe. Aucun autre. Ni cieux, ni terre privilégiée, ni

choses dont on tressaille, ne le peuvent. Torche, je ne valse

qu'avec lui.

 

On ne peut pas commencer un poème sans une parcelle

d'erreur sur soi et sur le monde, sans une paille d'innocence

aux premiers mots."

 

(Extrait de "La Bibiliothèque est en feu")


A vous tous, je souhaite des sourires, des ciels changeants, des désirs, du bouillonnement, du courage, "de l'audace, euh" (ça ne peut pas faire de mal...) et enfin, une grande capacité à l'humour pour supporter les langues de bois.

Amis aimés et inconnus, ici ou loin, que la poésie irrigue vos coeurs et vous donne des ailes !

 

 


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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 10:00

Je republie un billet écrit en 2010, au sortir de visionner le film de Eastwood.

 

J'ai enfin vu "Invictus", le film de Eastwood, vendredi soir, en VO. J'ai aimé, beaucoup, pas totalement pour le film lui-même, qui n'est pas un de ses meilleurs, me semble t-il, mais pour les fenêtres ouvertes durablement dans ma tête et l'émotion pendant et... depuis.
Le premier choc a été la découvert de l'intégralité du poème de William Ernest Henley, écrit en 1875, dont je ne connaissais que les deux derniers vers :
I am the master of my fate
I am the captain of my soul.

Je comprends combien sa lecture a pu bouleverser Mandela au point d'y puiser l'un de ses fils conducteurs, tant les mots semblaient écrits pour lui qui pourrissait au fonds de l'abîme (et pourtant il s'agissait pour W. E. Henley de conjurer la douleur de l'amputation qu'il venait de subir)... Mais les mots de ce court poème touchent au sublime parce qu'ils sont universels et leur pouvoir en devient exceptionnel.

Out of the night that covers me,
Black as the Pit from pole to pole
I thank whatever gods may be
For my unconquerable soul.

In the fell clutch of circumstance
I have no winced nor cried aloud.
Under the bludgeoning of chance
My head is bloody, but unbowed.

Beyond this place of wrath and tears
Looms but the Horror of the shade,
And yet the menace of the years
Finds and shall find me unafraid.

It matters not haw strait the gate,
How charged with punishments the scroll
I am the master of my fate
I am the captain of my soul.

Pour en revenir au film, les acteurs sont magistraux, Freeman, tout particulièrement, est bluffant dans le rôle de Mandela. J'ai adoré les scènes de rugby, la façon dont elles étaient filmées - avec ces effets de chocs - qui nous propulsent physiquement dans l'image.
J'ai aimé, par dessus tout, la sobriété, la retenue qui accompagnent, habitent ce film, tout au long... une forme de dépouillement qui culmine avec la séquence dans la cellule, une scène absolument bouleversante - j'ai pleuré, pleuré - et ce poème, donc... re-larmes.

Cela m'a rappelé un passage du roman de Romain Gary "Les racines du ciel" dans lequel un homme, emprisonné, surmonte l'épreuve en conservant en lui une image qu'il appelle à lui lorsque le désespoir le saisit : celle d'éléphants en liberté, se mouvant dans la savane.

J'ai aussi pensé à un autre livre lu plus récemment "La cage aux Lézard" de Karen Connelly, qui raconte également une histoire de résistance humaine, celle de Teza, un jeune chanteur birman qui croupit dans une prison de haute sécurité à Rangoon à cause du pouvoir des mots, ceux de ses chansons qui effraient tant la dictature Birmane, et comment ces mots vont quand même, en dépit de tous les empêchements, s'échapper de la "cage".

La leçon de ce film, c'est peut-être, in fine, comment défendre un idéal humain, alors que l'humanité se dérobe ?
Ce film va rester en moi, je n'oublierai pas... Ni les mots du poème, dont voici une traduction
passable : 


"Dans la nuit qui m'environne,
Dans les ténèbres qui m'enserrent,
Je loue les Dieux qui me donnent
Une âme, à la fois noble et fière.

Prisonnier de ma situation,
Je n'ai pas gémi, ni pleuré,
Meurtri par les tribulations,
Je suis debout, bien que blessé.

En ce lieu d'opprobre et de pleurs
Je ne vois qu'horreur et ombres,
Les années s'annoncent sombres
Mais je ne connaîtrai pas la peur.

Aussi étroit soit le chemin,
Bien qu'on m'accuse et qu'on me blâme,
Je suis le maître de mon destin,
Le capitaine de mon âme."

 

Se souvenir d'un SOURIRE merveilleux  !

 

 


 

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12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 17:36
Parmi les petits plaisirs qui enchantent le quotidien, il en est de récurrents, comme espérer du hasard qu'il me permette de rencontrer mes "amis" des rues - entendre par là, des inconnus devenus familiers à force de les croiser sur mon chemin.

Ainsi de Brigitte, qui squatte dans un garage abandonné et qui garde le sourire par tous les temps ou de Monsieur Xavier, occupé ces jours-ci à bricoler son vélo hors d'âge, mais aussi d'autres dont j'ignore encore le nom, et d'autres qui sont devenus de vrais amis au fil des discussions engagées d'une table à l'autre, sur la terrasse, chez Marco.

 
Des rêveries autour de leurs vies imaginées trottent dans ma tête.
Dans cet ordre de réflexion, la loge de Monsieur Xavier est source inépuisable d'inspiration.

Un évènement incroyable s'est produit au milieu de l'été. Probablement, suis-je la seule à l'avoir noté, et voilà qu'après des années d'attente et d'observation...

Les volets de la troisième fenêtre sont enfin ouverts !



Devant cette fenêtre aux volets continuellement clos, j'éprouve la curiosité lancinante qui devait hanter les malheureuses confrontées au mystère du cabinet interdit, dans le conte de Barbe Bleue.

Quand, pour la première fois, j'aperçus les volets repliés, je ne pus m'empêcher de presser le pas, excitée par la pensée du secret révélé.
Derrière les vitres, je ne vis rien d'autre qu'un carré de vichy rose, en guise de rideau.

Au delà de ma déception, je ne sus réfréner un sourire incrédule et joyeux, tant m'étonnait la candeur de l'imprimé rose et blanc !
Mon imagination féconde se perdait en nouvelles supputations.



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D'amusants indices se succédèrent tout l'été. Tel jour, c'était du linge féminin mis à sécher sur la chaise, dans la rue, des dessous en dentelle, pour être précise.
Un autre, glissant un oeil sur la fenêtre ouverte du minuscule "séjour", je vis une dame, de dos, face à son hôte, tandis qu'une délicieuse odeur de cuisine me rappelait de me hâter pour aller déjeuner.
De loin encore, chez Marco, je surpris, à plusieurs reprises, monsieur Xavier petit déjeunant en tête à tête avec la même silhouette, et occupé de beurrer les tartines... 

Et voilà qu'un deuxième vélo fait son apparition.  O-Toulouse-1508.jpg


Derrière le rideau rose, j'ignore ce qu'il y a et c'est tant mieux.






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21 juillet 2013 7 21 /07 /juillet /2013 12:54

Voilà quelques mois que je n’ai plus écrit, ni donné de nouvelles…

 

Il y a eu l’échappée Bali-Lombock, les grands travaux jardiniers au 30Bis, des déménagements de collections à la BM, de multiples petits tracas à régler, d’autres en attente, des tableaux dormants dans ma tête,  esquissés seulement, et le manque d’énergie pour réaliser ces désirs vagues, des journées si remplies de tâches physiques qu’une grande paresse se répand en moi dès que je m’assieds, des livres empilés sans que vienne l’envie de les ouvrir, l’esprit en jachère, des pensées avortées, à peine effleurées…Une période « bois dormant » qui n’a que trop duré.

 

Et c’est l’été, avec canicule annoncée.

Certains jours, les nouvelles du monde et d’ici sont si affligeantes qu’on s’efforce au détachement pour ne pas se laisser gagner par la colère.

Toulouse est toujours en travaux. Mon quartier n’échappe pas à cette boulimie de construction. Des immeubles moches émergent à chaque coin sans réflexion d’ensemble. En guise de règle urbanistique, le dogme prévaut. C’est déprimant.

 

« Mais à part ça, madame la marquise ? »

 

Allez, allez… tout n’est pas gris.

Imperceptiblement, je secoue la léthargie. 

 

J’ai ouvert le piano, repris mes livres, laissé l’ordinateur en veille, et cessé de faire l’autruche.

Je retrouve les amis, organise des rencontres, laisse des messages.

 

 

Au 30Bis, les légumes abondent. Mes nouveaux voisins de parcelle, Patrice et Jean-Claude sont d'une gentillesse revigorante, comme le sont la plupart de mes voisins de jardin, ce qui rend ce lieu presque miraculeux.

 

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Au retour, en équeutant les haricots, en triant les salades, je fais des projets. 

Je pense à mes esquisses. 

Je pense à tous les manques avec le sentiment de ne pas être assez attentive aux autres, aux amis, à la famille, au monde.

 

En ville, je n’ai pas revu Brigitte depuis une dizaine de jours. La dernière fois, un matin quasi caniculaire, elle grelottait de fièvre. 

Après l’été, le choc de simplification sorti de la boite à outils Hollandaise – dans l’espoir qu’ainsi se résoudra la crise – me verra attribuer une énième carte de crédit dédiée aux chèques déjeuner. Je ne pourrai plus les céder à Brigitte ou à ses frères de galère.

 

Monsieur Xavier est loin d’être fiévreux.

Les floraisons illuminent les barreaux de sa loge.

Il a acquis des habitudes estivales qui m’amusent infiniment comme prendre un bain de soleil la petite demi-heure pendant laquelle les rayons viennent lécher son pas de porte. 

 

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Il lui arrive également de tenir salon.

 Tôt le matin, certains jours, il fait vide grenier.                  images-de-toulouse-0591.jpg

 


Un temps, il a exposé une poussette (5€), puis une chaise haute (idem), puis une voile de delta-plane ou un cerf-volant géant ? Hier matin, il avait ferré un client potentiel et faisait le boniment d’un vélo hors d’âge, finalement assez utile dans une ville où le vol de vélo se pratique impunément à grande échelle.

 

 

Chez Marco, en passant, je retrouve Gérard, Yves, Alex et les autres… on y parle théâtre, sport, vernissages et expos, politique, bêtises et fous rires. 

Aujourd’hui, c’était révision de la sélection des spectacles Off d’Avignon, avant le départ des heureux élus. Ils en avaient repéré un pour moi « Blonde & Blonde & Blonde & »… ça me fait sourire… un jour, peut-être…

 

 

Autre source revigorante, mes amies du Club Lecture, les précieuses Yayas à qui j’oublie de donner des nouvelles quand je prends grand plaisir à lire leurs mails débridés.

Je leur dédie ce billet en remerciement.

Ainsi, chères Yayas, j’ai entamé les lectures estivales avec « La vérité sur l’affaire Harry Quebert » de Joël Dicker, «Prières pour la pluie » de Dennis Lehane et à présent,  je savoure « Limonov » d’Emmanuel Carrère.

A suivre… « L’immeuble Yacoubian » d’Alaa al Aswany… et Muzil  toujours. 

 

 

A la BM, au hasard des rangements, je découvre des mots étranges qui m’entraînent dans leur sillage comme autant de petits cailloux semés sur le chemin.

Ainsi de « épizeuxe »… Je me dis qu’il pourrait faire un titre de tableau, comme cela, pour rien, pour le plaisir.

 

«O triste, triste était mon âme

A cause, à cause d’une femme. » (Verlaine – Ariettes oubliées – in Romances sans paroles)

 

Ou « prétérition », « épanadiplose » illustré par « A la guerre, comme à la guerre ! » ou encore  « épenthèse » qui, du « Merdre » de Jarry, me mène à exhumer un auteur presque oublié,

André Martel (1893-1976). 

Et je découvre, comme vous, qui sait ? un extrait du « Paralloïde des çorfes ». 

Un extrait, c’est déjà quelque chose !

 

« Le poéteupote »

 

« Par le paralloïde des çorfes

Bralançant les rétricences des tamériaux,

Les cimentectes ont babellisé les palincages,

Les génieurs ont travelardé les honts, septlieubotté les valles, herculauglacé

Les valfes… »

 

Après quoi… on s'étonne de retomber sur ses pieds, platement, à Soupetard !

 

Mais que j'aime ce "septlieubotter les vals" !

 

Ainsi, je vagabonde, m’évade, déroule des rêveries à l’infini, rêveries qui me ramènent immanquablement à mes prochaines toiles… Je les voudrais proches de la perfection, comme si la parenthèse dormante était prémisse à aller vers mieux, toujours mieux… quelque part entre "poéteutopie" et foudroiement.

 

 

 

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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 10:28

 

L'action eu lieu samedi 1er juin 2013, à 11h26 exactement, sous la coupole du kiosque Montariol, Place Marius Pinel.

 

On annonçait le froid et la pluie. Or, une heureuse accalmie ensoleillée encourageait à de joyeuses facéties lors de la présentation de :


 

"IL ÉTAIT 26 FOIS PLACE PINEL".

 


        

 

          

 

 

 

J'imagine aisément qu'un tel événement ait pu passer inaperçu bien qu'il ait été  d'une portée universelle comme chaque action s'étant tenue ou ayant lieu Place Pinel. L'inauguration se devait d'être au coeur de la coupole, matérialisé ce jour par une bouée car d'importantes crues étaient annoncées. 

 

 

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                                                                                  Les auteurs de IL ETAIT 26 FOIS PLACE PINEL

 

 

Des amis, des proches, des curieux, une bande de khâgneux, une cinéaste, des peintres, une marcheuse, une voisine promeneuse en manteau rouge, deux chiens réfractaires à l'espace canin, un bébé, une dame à qui la vierge apparut à Fougax et Barrineuf, liste non exhaustive, se pressaient autour des auteurs du livre, Yves Le Pestipon, professeur, poète, spécialiste de ce qu'il ne sait pas et de Pédro, sculpteur, photographe et aventurier des choses. 

 

 

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Si nulle apparition ne vint pertuber la fête, il y eut multiplications ...

 

Dans le kiosque de la place Pinel, on voyait la place Pinel et son kiosque.

La sculpture de Pédro, elle aussi redoublée, se promenait déjà dans le tableau peint, avant même de poser réellement  26 fois Place Pinel.


 

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Fut-ce l'effet des pluies abondantes, ou mimétisme avec les chiens ?

Il se produisit un miracle.

Comme douée de vie, la créature de Pédro pissa !

On applaudit !

 


 

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Dans la bouée, outre quelques lignes de l'ouvrage fêté, afin de sacrifier au rite, on lût au hasard quelques pages du "Passage" de Giscard d'Estaing qui révélèrent l'instant du radiateur, de la jupe en laine et de la cuisse et se trouvent être les plus érotiques de l'inénarrable opuscule, ce qui tombait à point pour réchauffer l'atmosphère. 

 

 

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Marius Pinel fut invoqué.  

 

 

 

 

 

 

Après quoi, le réchauffement initié par la prose torride et tordante de notre ex-président s'est prolongé autour d'un délicieux pique-nique, point d'orgue de la cérémonie.

 

Vous pouvez vous procurer le livre INDISPENSABLE commis par Yves et Pédro pour le modique prix de 6 € auprès des "&ditions de l'InattenduE - La Bergerie - 31650 AUZIELLE"


 

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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 22:46

Le soleil revenu me rend joyeuse.

Je déjeune à la terrasse chez Marco.

Avec les beaux jours, je fais de nouvelles connaissances.

Il y a les habitués aussi. Monsieur Xavier, tout guilleret en pull fraise écrasée, profite de la décontraction ambiante pour me faire la bise.

L'effet du printemps ?

- "Comment ça va, chérie ?" claironne t-il avec son accent parigot. 

- "On vient déj'ner tout' seulet' ?"

J'ai l'impression d'être Amélie Poulain.


 

 

A la BM, c'est grande effervescence. Une équipe de cinéma vient tourner le pilote d'une nouvelle série pour France2. Nos magasins d'archives les ont emballés. Ils y filmeront trois scènes.

 

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La série s'appelle "Marjorie". L'héroïne, c'est Anne Charrier (Véra dans Maison close). Et Valérie Karsenti (Hortense Gaillac dans Maison close, Liliane dans Scènes de ménage) interprète la grande soeur.


 

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Pour l'instant une quarantaine de techniciens envahissent la cellule à côté de mon bureau. Curieuse et amusée, j'échange quelques mots avec Yvan Calbérac, le réalisateur. 

La script, très gentiment, me parle de son métier. On-tourne-a-la-BM-9206.jpg

Elle est enthousiasmée par l'empilement des boites de périodiques et la disposition architecturale des magasins. Je lui explique comment la bibliothèque a été construite... Le temps passe. Le matériel est en place. L'équipe s'étoffe. Les actrices sortent du bureau de la Conservatrice, transformé en loge. Un technicien les équipe de micros.

 

 

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Yvan Calbérac tout sourire, Valérie Karsenti de dos et Anne Charrier penchée sur les archives. C'est beau, ne cessent-elles de répéter en touchant délicatement le dos poussiéreux des gros reliés du 19ème.

 

Silence, on tourne !

 

 

Voilà, la scène est "paaarfaite". On la garde.

 

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                                        Et une photo souvenir... 

 

 

 

Au 30 Bis, les grands travaux ont commencé.

L'hiver pluvieux a empêché le bêchage. Je rattrape le retard. J'essaie, du moins. Il faut tout recommencer.

Je pars en disant que je reviens dans une heure ou deux et je rentre juste avant la nuit.

 

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Malgré mes efforts, je suis réfractaire à la ligne droite ou inversement. Mon jardin gondole, ondule... J'ai oublié les bons conseils de Michel pendant l'hiver. Je cours partout puis je m'arrête pour observer les champignons ou les iris qui poussent tout seuls. Et le temps passe...


Au moment de planter les fèves, je faisais du ski. Ensuite la terre était gorgée d'eau. J'ai semé en retard. Mes fèves sont balbutiantes. Autour du 30 Bis, les parcelles sont luxuriantes, les sillons rectilignes. On dirait qu'un géomètre en a inspiré le schéma en oubliant le Bis. J'oscille entre dépit et envie. Au boulot !

 

En quelques jours d'efforts soutenus, les progrès sont notables. 

 

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Oignons rouges, fèves, patates, salades... pointent en zigzag.

 

Il reste à nettoyer les fraisiers, les parsemer de copeaux pour freiner la mauvaise herbe, planter quelques framboisiers et préparer les parcelles en jachère pour les futures plantations.

 

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Hier, Marcel, le numéro 13, m'a offert des brins de muguet, du blanc et du rose. 

- "Tu veux du lilas aussi ?"

Pour le lilas, j'ai été jusqu'à sa parcelle, à l'autre bout. Son potager ressemble à un jardin anglais. Il est touffu, ébouriffé, sinueux, ombreux, désordonné... J'ai adoré. Je me sens moins seule dans l'imperfection géométrique.

 

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C'est le soir. Les ombres s'allongent, les contrastes créent le mystère. Les jardiniers s'en sont allés. Pas un bruit. Un dernier regard sur le travail accompli... Je m'en vais à regret.

 

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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 18:48


En ces temps grisâtres de mensonges, concours de minables, hypocrisies et autres misérables scandales politico-judiciaires, l'évasion s'impose.


Inutile de courir très loin... A la Bibliothèque d'Etude et Conservation, rue de Périgord, venez visiter la très belle exposition intitulée "Big bang, au commencement était le son"  (5 avril>22 juin).

 

Manuscrits richement enluminés, imprimés, livres illustrés, instruments de musique, machines sonores... La promenade est un plaisir pour les yeux et l'intelligence.

 

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Dans la salle d'Etude, muettes pour ne pas gêner les lecteurs, découvrez les "créatures" de Basile Robert.

 

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Assemblage de matériaux et d'objets de récupération improbable, ces monstres improvisent un ballet mécanique sonore.

Frémissements, tressautements, balancements, ondulations, éclairs, couinements, frottements, grattements, tapotements, bizarreries... J'ai assisté aux ultimes mises au point de leur créateur, car le comportement de ces installations est contrôlé par des commandes numériques sophistiquées.


 

 

 

 

 

 

Prolongez la balade jusqu'au rez-de-jardin de la Médiathèque J. Cabanis.

Toutes les 30 minutes, plongées dans la pénombre adéquate pour en apprécier la poésie et le mystère, les machines de Basile Robert improvisent un concert.

Quand vous serez lassés de leur fascinante mélopée, rejoignez les coursives du 3ème étage pour y découvrir une collection d'instruments prêtés par le Conservatoire à rayonnement régional de Toulouse.

 

 

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Et n'oubliez pas de consulter le calendrier du très riche éventail d'expositions, de concerts, de performances et de conférences associés à l'évènement "De si de la".

 

 

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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 15:55

 

 

Confortablement assis sur le velours or d'un sofa, dans un décor anglo-oriental époque victorienne, mon ami le poète et moi échangions points de vue et nouvelles d'un tas de riens qui font un tout, en sirotant un chocolat chaud.

Le tout menait à des trésors, à Grothendieck, à des génies retirés de la Société, à des enquêtes ou des quêtes, à un film en préparation, à la poésie des nombres, celle des mots... et des sons.

 

- Et Jean Monod, en avez-vous des nouvelles ?

Écrit-il encore ? De la poésie, s'entend...

 

Bien que "spécialiste de ce qu'il ne sait pas", Yves ne savait rien.

La trace du poète se perdait dans les Cévènes. Non, il ne pouvait me donner de nouvelles récentes. La dernière fois qu'ils s'étaient vus remontait à quelques années. Il supputait... un abandon, une fuite hors du monde, une vie d'ermite. 


 

                        Divers 8804


 

Sur mon étagère de poésie, je possède deux livres de Monod, emballés dans un papier à la cuve blanc écru, noués d'un lien de fine ficelle retenue par un cachet de cire grenat qui donne l'illusion d'une tâche de sang séchée.

"Poésie 2" et "Partage du souffle"

 

Je les feuillète délicatement. 

 

L'encre bleue des mots est un peu pâle.

Comment dire les choses ?


 

"Je croyais que je pourrai dire le paysage par ses ombres - le jour par le plomb - en remontant du désert à la lune ; comme, dans les cendres, la mémoire des graines.

Je ne voulais pas peindre le ciel.

Je ne voulais pas faire un moulage de l'air.

Je rêvais d'une cave incendiée de signes."

 

(Dans "Légère en août", Poésie 2) 

 

 

Plus loin : "... Il y a place pour le temps dans ma maison

                  Je l'observe..."


(Dans "Passage des signes", Poésie 2)




 

Sur le net, à mon tour, j'ai mené l'enquête.

Pas de publications récentes, pas de nouveaux poèmes, pas de performances.

 



"Quand l'idée va plus vite que la langue, le coeur peut musarder. L'oeil ne cherche plus le point où tout converge par-delà l'horizon. Ce point est devenu un papillon. Le belle entrevue, intouchée, descend volontiers les marches du temple...

...Ce monde au coeur duquel vit un regard, ce continent, cette île, née de l'amour d'une idée pour un penseur, est un poème."

 

 

 

"...ce qui pour les uns est maladie pour l'autre est chant

...être poète en temps de famine, c'est, chantant, dire ce dont on se nourrit"

 

 

(dans Lumière d'Ailleurs, éd. Les Editeurs Evidant)


 

 

Point de poésie.

Plus de spectre de couleurs décliné en credo somptueux.


Le poète chaman a t-il perdu l'étincelle sur le chemin d'épines qu'il s'était forgé dans son désir de pureté, de vérité, d'exigence ?

  

A t-il perdu la foi en Bleu couleur de l'idéal ?

"Dans le multiplication des jours", qu'est-il devenu ?

 


L'homme est toujours là. Il écrit. Dans des blogs.

Il y a même des photos de lui. J'aime beaucoup celle en médaille avec turban. 

Ses thématiques sont politiques, sociétales.

Dans ses profils, on peut lire qu'il est ethnologue.

C'est en ethnologue qu'il exprime "ses larmes explosives", par la grâce des blogs et réseaux sociaux.


 

Restent les mots sur le papier.

Restent des instants.

Ils forment un tableau mouvant, éthéré, fragile, morcelé, d'où surgissent des images d'une étonnante précision.


Je me souviens.

Il y a

La magie du cercle dessiné dans la nuit.

Il y a 

L'ombre et la lumière qui accentuent le mystère.

Concentration, intensité, rêve.

Il y a

Le silence et la mélopée

Le murmure

L'incantation qui monte.

Il y a

Quipuscamayo.

Il y a 

Un visage très beau dans un halo doré

Creusé, émouvant.

Il y a 

L'envoûtement.

Il y a

Les mots plus forts que l'oubli.

 


 

 

"...Voyons-nous le soleil avec sa lumière

ou avec la nuit de notre pupille ?

Voyons-nous avec nos nerfs ?

D'où vient l'étincelle

qui anime

l'image reflétée au fond de nos yeux ?

La lumière qui nous éveille, chaque pas que nous faisons vers elle augmente le sentiment de notre nuit.

Dans l'éclaircissement prenant conscience de l'obscurité de la veille.

Comme, à chaque pas, nous arrachant à plus de nuit.

Mais pourquoi visible ? Ne lui suffit-il pas d'être ?

Un moment je t'ai échappé

Tu n'avais plus de prise sur moi

Je pouvais faire ce qui me plaisait

Construire cette fontaine

Un instant j'ai oublié qui tu étais

Libre de toi

Libre aussi de moi

Libre de toi et moi

Etincelle.

En silence tu es passée

La douleur est dans l'image."

 

(Dans, Poisson de Tolède, Ed. Les Éditeurs Evidant)

 

 

 

 

 


 

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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 18:57

Dimanche, pluie et froid, gratuité des musées, tout incitait à visiter "La vie des formes", l'exposition voulue par Olivier Michelon, le tout nouveau directeur des Abattoirs.

 

 

Après les puissantes, profondes et émouvantes toiles de Velickovic qui avaient clos l'ère précédente d'une manière classique en offrant à voir une oeuvre véritable, nous étions conviés à un parcours "ludique".

 

 

Je ne sais si ce terme convient mais il reflète assez la manière de penser les musées actuellement : tout n'y est que parcours fléché, questionnaires imprimés, interactivité.

 

C'est la mode : soyons interactif dans l'art ou l'art ne sera pas.

 

Trop souvent, le seul choix que nous ayons dans un musée d'Art Contemporain oscille entre s'ennuyer du vide ou s'amuser de la manière dont le vide est meublé.

Bonne élève, je vais donc au musée pour me divertir, bien que l'institution et les artistes conservent une dialectique extrêmement sérieuse, voire ennuyeuse et absconse, à moins qu'il ne s'agisse d'humour au second degré.

 

Il a suffi d'une illustration Kusamaenne d'un article de La Dépêche en guise de muleta pour aiguiser ma curiosité.

Des pois, des rouges et blancs ! Encore elle !

 

 

Au musée, donc !

 

Dès l'entrée, on pénètre dans une sorte de "manège" au coeur duquel on vacille légèrement comme atteint d'un infime mal de mer. L' installation de Michael Beutler, sorte de moulin à prières géant donne le ton. "Happy Gate" en est le titre.

 

                                    expo-Abattoirs-6198.jpg

 

 

Happy nous voilà, et l'on peut enchaîner gaiement avec les miroirs multiplicateurs de pois de Yayoi Kusama,

 

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avoir le coeur légèrement retourné par l'odeur de la barbaque en décomposition posée au sol par Michel Blazy (je préfère la robe steak de Lady Gaga, tout aussi provocante mais plus drôle),

 

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ou s'étonner de la poésie des formes mousseuses immaculées au sortir de containers moches, s'installer tranquillement et rire pour de bon, sans s'occuper du laïus inévitable, en regardant le film et les pitreries du merveilleux  et intemporel Charlot,

 

                              jouer les ombres chinoises,

 

 

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attendre, fasciné, l'apparition des fourmis dans l'installation video de Peter Kogler et en supporter la musique crispante,

 

 

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trouver un havre de calme un peu plus loin en jouant avec les faisceaux de lumière d'Anthony Mc Call

 

 

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et se reposer dans les banquettes inconfortables recouvertes de tapis orientaux tout en bas, devant écran géant et extraits de films scientifiques.

 

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Ne pas oublier de visiter le premier étage qui offre une intéressante collection de livres d'artistes des Abattoirs et quelques classiques du fonds Cordier, les boursouflures de Dado, la dentelle rigoureuse et  onirique de Lesage, un néon de Lévêque, des dessins de Michaux…

 

 

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                                                       expo-Abattoirs 6200

 

 

 

      Comme je suis joueuse, j'ai déniché une musique de fourmis plus mélodique que celle des Abattoirs mais bien crispante aussi...

 

 

 

 

 

 

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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 18:08


 

Au jardin, les mains dans la terre, l’esprit vagabonde et déroule des rêveries infinies.

 

 

Inlassablement, il faut recommencer là où l’on pensait en avoir terminé avec les herbes indésirables.

 


 

                                   Jardin-6117.jpg

 

 

 

Nulle trêve à espérer du chiendent ravageur, du trèfle à trois feuilles (serait-il quadrifeuille et porte-bonheur, peut-être serais-je plus indulgente) ou du liseron étrangleur.

 

 

Malgré tout, les légumes pointent imperceptiblement ou s’épanouissent en poussées luxuriantes sous l’œil étonné et ravi.


 

Jardin-5994.jpg     Jardin-6004.jpg


 

Une rêverie récurrente s’enracine dans la tyrannie du temps qui passe, ce temps chéri ou maudit dont le traitement inexorable m’incite inconsciemment à courir, courir, courir…

 

Là, au jardin, comme devant la toile, le temps se fait oublier.

Je lui échappe.

Mon esprit s’évade dans un monde où je peux tranquillement multiplier mes vies.

 

Ce voyage imaginaire éclaté en kaléidoscope me ressource.

 

 

 

Je n’ai pas de croyance sur ce que nous devenons en mourant.

 

Mon seul souhait est de demeurer là et nourrir  les asticots - pas de crémation !

Mon squelette aimerait reposer dans un coin de pelouse à l’ombre d’un arbre à feuilles caduques (c’est si beau le changement des saisons !) avec, pour ornement, une pierre blanche dressée, (ni marbre, ni granit) sculptée comme un chapiteau roman où monstres et diablotins seraient les bienvenus.

Une variante inclut des iris multicolores, des fleurs de champ, un cep de vigne ou un petit banc pour se reposer et rêver…

 

N’étant pas encore dans la tombe, je poursuis ma rêverie…


 

                              Jardin-6001.jpg    Jardin-6009.jpg

 

 

Pas de croyance donc, mais des désirs, dont celui qu'il me soit donné de vivre plusieurs vies dans lesquelles je serai MOI (et non pas un autre), chacune me permettant de découvrir, réaliser tout ce que je n’aurai pas le temps de connaître et vivre dans celle-ci.

Au jardin ou devant la toile, les changements d'échelle deviennent possibles. Songer à ce que je ferais de mon temps s'il n'était pas compté est un aimable passe-temps.

 

 

Tandis que je retourne laborieusement la parcelle où je viens d’arracher la roquette montée en graine, j’imagine comprendre les mathématiques ou la philosophie, me promener à cheval, produire mon vin, maîtriser plusieurs langues, concourir pour le Pulitzer, exercer la médecine ou la chirurgie, tenir salon littéraire et artistique, découvrir un continent, de l’or, des fossiles, pratiquer l’escrime, la voile et la boxe française, inventer des objets inutiles, forger les métaux, chanter juste, lire les centaines de livres en retard, ou avoir eu le temps de peindre tous les tableaux empilés dans ma tête, avant de redevenir poussière.

 

 

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Et le soir tombe.

Les moustiques, soudain pullulent. 

Leurs piqûres sournoises m’arrachent à la rêverie.

Je m’aperçois que j’ai oublié d’arroser ou d’attacher les tomates ou de récolter le repas du soir et que les outils sont éparpillés sur la parcelle au rebours des conseils avisés de Michel.

 

Alors, vite, vite, je cours, je cours, je cours…

 

 

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