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21 juillet 2013 7 21 /07 /juillet /2013 12:54

Voilà quelques mois que je n’ai plus écrit, ni donné de nouvelles…

 

Il y a eu l’échappée Bali-Lombock, les grands travaux jardiniers au 30Bis, des déménagements de collections à la BM, de multiples petits tracas à régler, d’autres en attente, des tableaux dormants dans ma tête,  esquissés seulement, et le manque d’énergie pour réaliser ces désirs vagues, des journées si remplies de tâches physiques qu’une grande paresse se répand en moi dès que je m’assieds, des livres empilés sans que vienne l’envie de les ouvrir, l’esprit en jachère, des pensées avortées, à peine effleurées…Une période « bois dormant » qui n’a que trop duré.

 

Et c’est l’été, avec canicule annoncée.

Certains jours, les nouvelles du monde et d’ici sont si affligeantes qu’on s’efforce au détachement pour ne pas se laisser gagner par la colère.

Toulouse est toujours en travaux. Mon quartier n’échappe pas à cette boulimie de construction. Des immeubles moches émergent à chaque coin sans réflexion d’ensemble. En guise de règle urbanistique, le dogme prévaut. C’est déprimant.

 

« Mais à part ça, madame la marquise ? »

 

Allez, allez… tout n’est pas gris.

Imperceptiblement, je secoue la léthargie. 

 

J’ai ouvert le piano, repris mes livres, laissé l’ordinateur en veille, et cessé de faire l’autruche.

Je retrouve les amis, organise des rencontres, laisse des messages.

 

 

Au 30Bis, les légumes abondent. Mes nouveaux voisins de parcelle, Patrice et Jean-Claude sont d'une gentillesse revigorante, comme le sont la plupart de mes voisins de jardin, ce qui rend ce lieu presque miraculeux.

 

                           Jardin-0599.jpg

 

 

 

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Au retour, en équeutant les haricots, en triant les salades, je fais des projets. 

Je pense à mes esquisses. 

Je pense à tous les manques avec le sentiment de ne pas être assez attentive aux autres, aux amis, à la famille, au monde.

 

En ville, je n’ai pas revu Brigitte depuis une dizaine de jours. La dernière fois, un matin quasi caniculaire, elle grelottait de fièvre. 

Après l’été, le choc de simplification sorti de la boite à outils Hollandaise – dans l’espoir qu’ainsi se résoudra la crise – me verra attribuer une énième carte de crédit dédiée aux chèques déjeuner. Je ne pourrai plus les céder à Brigitte ou à ses frères de galère.

 

Monsieur Xavier est loin d’être fiévreux.

Les floraisons illuminent les barreaux de sa loge.

Il a acquis des habitudes estivales qui m’amusent infiniment comme prendre un bain de soleil la petite demi-heure pendant laquelle les rayons viennent lécher son pas de porte. 

 

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Il lui arrive également de tenir salon.

 Tôt le matin, certains jours, il fait vide grenier.                  images-de-toulouse-0591.jpg

 


Un temps, il a exposé une poussette (5€), puis une chaise haute (idem), puis une voile de delta-plane ou un cerf-volant géant ? Hier matin, il avait ferré un client potentiel et faisait le boniment d’un vélo hors d’âge, finalement assez utile dans une ville où le vol de vélo se pratique impunément à grande échelle.

 

 

Chez Marco, en passant, je retrouve Gérard, Yves, Alex et les autres… on y parle théâtre, sport, vernissages et expos, politique, bêtises et fous rires. 

Aujourd’hui, c’était révision de la sélection des spectacles Off d’Avignon, avant le départ des heureux élus. Ils en avaient repéré un pour moi « Blonde & Blonde & Blonde & »… ça me fait sourire… un jour, peut-être…

 

 

Autre source revigorante, mes amies du Club Lecture, les précieuses Yayas à qui j’oublie de donner des nouvelles quand je prends grand plaisir à lire leurs mails débridés.

Je leur dédie ce billet en remerciement.

Ainsi, chères Yayas, j’ai entamé les lectures estivales avec « La vérité sur l’affaire Harry Quebert » de Joël Dicker, «Prières pour la pluie » de Dennis Lehane et à présent,  je savoure « Limonov » d’Emmanuel Carrère.

A suivre… « L’immeuble Yacoubian » d’Alaa al Aswany… et Muzil  toujours. 

 

 

A la BM, au hasard des rangements, je découvre des mots étranges qui m’entraînent dans leur sillage comme autant de petits cailloux semés sur le chemin.

Ainsi de « épizeuxe »… Je me dis qu’il pourrait faire un titre de tableau, comme cela, pour rien, pour le plaisir.

 

«O triste, triste était mon âme

A cause, à cause d’une femme. » (Verlaine – Ariettes oubliées – in Romances sans paroles)

 

Ou « prétérition », « épanadiplose » illustré par « A la guerre, comme à la guerre ! » ou encore  « épenthèse » qui, du « Merdre » de Jarry, me mène à exhumer un auteur presque oublié,

André Martel (1893-1976). 

Et je découvre, comme vous, qui sait ? un extrait du « Paralloïde des çorfes ». 

Un extrait, c’est déjà quelque chose !

 

« Le poéteupote »

 

« Par le paralloïde des çorfes

Bralançant les rétricences des tamériaux,

Les cimentectes ont babellisé les palincages,

Les génieurs ont travelardé les honts, septlieubotté les valles, herculauglacé

Les valfes… »

 

Après quoi… on s'étonne de retomber sur ses pieds, platement, à Soupetard !

 

Mais que j'aime ce "septlieubotter les vals" !

 

Ainsi, je vagabonde, m’évade, déroule des rêveries à l’infini, rêveries qui me ramènent immanquablement à mes prochaines toiles… Je les voudrais proches de la perfection, comme si la parenthèse dormante était prémisse à aller vers mieux, toujours mieux… quelque part entre "poéteutopie" et foudroiement.

 

 

 

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